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Publié le par sandrine

“L’evolution d’une chose, d’un usage, d’un organe n’est nullement une progression vers un but, moins encore une progression logique  et directe atteinte avec un minimum de forces et de depenses – mais bien une succession constante de phenomenes d’assujetissement plus ou moins violents, plus ou moins independants les uns des autres, sans oublier les resistances qui s’elevent sans cesse, les tentatives de metamorphoses qui s’operent pour concourir a la defense et a la reaction , enfin les resultats heureux des actions en sens contraire. Si la forme est fluide, le « sens » l’est encore bien davantage...

(...) Sous la pression de cette idiosyncrasie, on avance la « faculte d’adaptation ». c’est-a-dire une activite de second ordre, une simple « reactivite », bien plus, on a defini la vie elle-meme : une adaptation interieure, toujours plus efficace, a des circonstances exterieures (Herbert Spencer). Mais par la on meconnait l’essence de la vie, la volonte de Puissance, on ferme les yeux sur la preeminence fondamentale des forces d’un ordre spontane, agressif, conquerant, usurpant, transformant et qui donne sans cesse de nouvelles exegeses et de nouvelles directions, l’  « adaptation » etant d’abord soumise a leur influence, c’est ainsi que l’on nie la souverainete des fonctions les plus nobles de l’organisme, fonction ou la volonte de vie se manifeste active et formatrice »

 

Genealogie de la Morale, Friedrich Nietzsche

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