L'igloo de Giap

Publié le par sandrine

Pour Mario Merz, l’igloo incarne la forme organique par excellence. Il est à la fois "le monde" et "la petite maison". Il est l’image de la survivance, à la fois une édification nomade et un abri. Ici, il est utilisé par l’artiste comme support d’une revendication tant politique qu’artistique.

Sur l’ensemble de cet igloo, en lettres capitales de néon, court la sentence du général Giap en italien : "Se il nemico si concentra perde terreno, se si disperde perde forza" (Si l’ennemi se concentre il perd du terrain, et si l'ennemi se disperse, il perd sa force). L’inscription de cette formule s’appuie sur la forme symbolique de la spirale, figure dynamique qui résout le dilemme entre la force et l’expansion exprimé par le général vietnamien. Mais la spirale se construit aussi grâce à la suite logarithmique de Fibonacci, où chaque nombre est la somme des deux précédents et où le rapport de deux termes consécutifs tend vers le nombre d'or. Elle rappelle ainsi l’harmonie recherchée par les artistes de la Renaissance italienne, en même temps qu’un rapport de proportion inscrit dans la nature. Par cette figure géométrique qu’est la spirale, l’art, la vie et la stratégie de résistance du général Giap sont posés en adéquation. Cette œuvre, contemporaine de la guerre du Vietnam, est marquée par l’idéologie contestataire des années 60.

(Dossiers pedagogiques/Collection du Musee, Centre Georges Pompidou)

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