la politesse

Publié le par sandrine

Travailler a la recomposition d’une modernite – dont la tache strategique serait d’oeuvrer a l’eclatement du post-modernisme -, c’est tout d’abord inventer l’outil theorique permettant de lutter contre tout ce qui, dans la pensee postmoderne, accompagne objectivement le mouvement de standardisation inherent a la mondialisation. Il s’agit d’identifier ces valeurs et de les arracher aux schemas binaires et hierarchiques du modernisme d’hier, tout comme aux regressions fondamentalistes de tous ordres.

(...) En attendant, nous assistons a l’emergence d’une sorte de courtoisie esthetique postmoderne, une attitude consistant a refuser d’emettre le moindre jugement critique de peur de froisser la susceptibilite de l’autre. Certes, cette version excessive du multiculturalisme se fonde sur de bons sentiments, c’est-a-dire notamment sur la volonte de « reconnaissance » de l’autre (Charles Taylor). L’effet pervers reside dans le fait que l’on en arrive a considerer implicitement les artistes non-occidentaux comme des invites avec qui il faudrait etre poli, et non comme des acteurs a part entiere de la scene culturelle.

(...) Ce pretendu « respect de l’Autre » genere en tout cas un colonialisme a l’envers, tout aussi courtois et apparemment  bienveillant que le precedent fur brutal et negateur.

(Radicant, Nicolas Bourriaud)

Publié dans citation

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article